Interview de Michele Bonechi, réalisateur du webdoc “Steve McCurry”

Vous pouvez voir le webdoc “Steve McCurry” ici
Here is the link to the iDoc
English version
1/ Can you please present yourself?
I am an emerging documentary filmmaker based in London, working with a network of international creatives and designers worldwide, as a director and producer . I was born in Italy and moved to the UK where I’ve been awarded an MA in Documentary Films at London College of Communications (Part of the University of Arts).
I work on commercial commissions and independent productions, with a deep interest in interviewing and a particular bent for the creative arts. I have recently produced a ten minute ‘touching’ documentary about the world renowned Magnum photographer Steve McCurry.
2/ Is it your first experience as a “webdocumentarist”?
Yes, I wanted to try to express an ‘Art exhibition’ with the form of an interactive documentary; after looking at many software online I have decided to use Klynt for the first time.
3/ What is it about?
The documentary short brings together beautiful imagery of Steve’s photographic archive, presented at his current retrospective exhibition at the Macro Centre in Rome. This player features interviews, photos of the venue and photos of Steve McCurry. The order of the material follows the walk through the exhibition and the selected sections are presented on their own ‘map’ page called THE MACRO CENTRE - the journey.
Here, each section has a special interview with the photographer or the curator. It is possible by using hyperlinks to jump between the different sections. From here a click button directs you to the ‘Media Partners’ which features written text with info about sponsor and organisers and links to preferred destinations on their own sites. For example ‘search shop’. It is envisaged that more footage of other personalities will feature, giving insights and anecdotes, in the not too distant future.
4/ What is the goal of the project?
The goal of this project is to promote the current work of the photographer Steve McCurry and my work as an emerging documentary director.This collaboration will lead to the production of a feature documentary in 2013 about the life and travels of Steve McCurry. Various media partners are involved in the production of this new film, they are: Phaidon Press, Magnum Photos, Epson and Hasselblad.
5/ What were the narrative difficulties ? What solutions did you find?
My main challenge was to find a way to represent the space of the exhibition in Rome, as I wanted to give to the audience various insights. I have asked the studio of architecture and design ‘Novembre’, which curated the exhibition, to send me the renders of the gallery, and i then placed the image in Klynt as the main ‘Map’. My idea with Steve McCurry was to mirror the journey of the Photographer in the gallery space, surrounded by all of his photos. The narrative of the iDoc is moved by the action ‘Start the Journey..”
6/ How did you learn how to use Klynt? Did you find it easy?
I have learned using by looking at the useful ‘support’ on the Klynt website. I found it easy to understand the basics of the software, I then tried to experiment with it. I really like the visualization of the Storyboard, which gives a strong way to create the story.
7/ What kind of feedback did you receive from the viewers?
The viewers received the interactive documentary well; our Media Partners found it very interesting to express their contribution and participation in the project by exploring the ‘Partners page’ in the iDoc.
8/ Have you got any other future projects in rich media?
I am looking to experiment more with iDocs in the near future; we will keep on updating the current iDoc while filming new interviews around the world.
Version française
1/ Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis un documentariste basé à Londres, qui collabore avec un réseau de créateurs et designers internationaux à travers le monde, en tant que réalisateur et producteur. Je suis né en Italie et ai déménagé au Royaume-Uni où j’ai obtenu une maîtrise en cinéma documentaire au London College of Communication (Filière de l’Université des Arts).
Je travaille sur des projets corporate et des productions indépendantes, avec un intérêt profond pour les interviews et un penchant particulier pour les arts créatifs. J’ai récemment publié un webdocumentaire de dix minutes sur le célèbre photographe de Magnum, Steve McCurry .
2/ Est-ce votre première expérience en tant que “webdocumentariste” ?
Oui, je voulais essayer de retracer une exposition artistique en prenant la forme d’un documentaire interactif, et après avoir regardé de nombreux logiciels de montage interactifs en ligne, j’ai décidé d’utiliser Klynt pour réaliser ce premier webdocumentaire.
3/ De quoi parle ce webdocumentaire ?
Le documentaire rassemble de belles images issues des archives photographiques de Steve, présentées lors de son exposition rétrospective, actuellement au Macro Center à Rome. Le spectateur dispose d’interviews, de photos de la salle et de photos de Steve McCurry. L’ordre des médias suit la promenade à travers l’exposition et les sections choisies sont présentées sur la page de leur propre «carte» appelé «THE MACRO CENTRE - the journey». Chaque section a une interview dédiée avec le photographe ou le commissaire d’exposition.
Il est possible en utilisant des liens hypertextes de passer entre les différentes sections. De là, un clic vous dirige vers les «partenaires médias», séquences qui disposent d’un texte avec des informations sur les commanditaires et les organisateurs, ainsi que des liens vers leurs sites. Il est bientôt prévu de rajouter des interviews d’autres personnalités racontant l’exposition de l’intérieur et des anecdotes.
4/ Quel est le but du projet ?
Le but de ce projet est de promouvoir le travail actuel du photographe Steve McCurry et mon travail en tant que réalisateur de documentaires. Cette collaboration va conduire à la production d’un long métrage documentaire en 2013 sur la vie et les voyages de Steve McCurry. Divers partenaires médias sont impliqués dans la production de ce nouveau film, tels que Phaidon Press, Magnum Photos, Epson et Hasselblad.
5/ Quelles étaient les difficultés narratives que vous avez rencontrées ? Quelles solutions avez-vous trouvées ?
Mon principal défi était de trouver une façon de représenter l’espace de l’exposition à Rome, que je voulais donner à voir de manière différente au spectateur. J’ai donc demandé à l’atelier d’architecture et de design ‘Novembre’, qui scénographiait l’exposition, de m’envoyer le plan de la galerie, puis j’ai placé l’image dans Klynt pour qu’elle fasse office de «carte».
Mon idée avec Steve McCurry était de refléter le voyage du photographe dans l’espace de la galerie, entouré de toutes ses photos. C’est pour cela que le récit démarre en cliquant sur le bouton «Démarrer le voyage»
6/ Comment avez-vous appris à vous servir de Klynt ?
J’ai appris en consultant les différents tutoriaux et supports sur le site web de Klynt. J’ai trouvé qu’il était aisé de comprendre les bases, et j’ai ensuite essayé d’expérimenter directement avec le logiciel pour approfondir mes connaissances. J’aime vraiment la visualisation du storyboard, c’est un moyen très efficace pour construire une histoire.
7/ Quels retours avez-vous reçu de la part des spectateurs ?
Les spectateurs ont bien reçu le webdocumentaire; nos partenaires médias ont trouvé très intéressant d’exprimer leur contribution et leur participation au projet en figurant dans la page dédiée aux partenaires.
8/ Avez-vous des projets futurs en rich media ?
J’aimerais continuer à expérimenter la forme webdocumentaire dans un avenir proche, et nous allons continuer à mettre à jour le webdocumentaire actuel en tournant de nouvelles interviews dans le monde entier.
Interview réalisée par Clara Debailly
“Top départ”, un webdoc pour la réédition du premier album de Rocé
Entretien avec Claria Debailly, responsable graphisme/montage du webdoc “Top départ. Rocé.”
1/ Comment êtes-vous arrivé au webdoc ? Qu’est-ce qui vous passionne professionnellement ?
Je suis actuellement en 4ème année à l’Ensad en Design graphique et Multimédia, après quelques années de fac de cinéma et de lettres. Ma vie professionnelle commence donc tout juste ! Je suis arrivée au webdoc un peu par hasard, au cours d’un exercice donné dans le cadre d’un cours de 3ème année, qui avait pour but de réaliser avec des élèves de photo-vidéo un webdoc sur le 13è arrondissement. Ayant à la fois une culture graphique et cinématographique, la forme présentait pour moi un intérêt énorme. J’ai donc commencé à m’intéresser plus en détails aux réalisations transmédia, avec des webdoc comme Gaza/Szderot, Prison Valley ou The Big Issue. Je suis extrêmement curieuse du développement grandissant des nouveaux médias et de l’utilisation des outils communautaires, mais je suis encore aussi très attachée au côté édition et typographique du graphisme. Il me semble qu’aujourd’hui la frontière entre le monde multimédia et le monde print commence enfin à devenir un peu plus perméable (je pense notamment à des projets comme ceux des Editions Volumiques), et je m’en réjouis !
2/ De quoi parle votre projet ?
Le but du webdoc Top Départ était de re-présenter cet album, à l’occasion de son anniversaire (10 ans). Il fallait trouver à la fois une manière de pouvoir écouter l’album en ligne, tout en y ajoutant un côté “historique” : interroger les personnes ayant travaillé sur l’album, et ceux qui ont eu une influence ou ont connu Rocé à travers cet album. La difficulté était que les vidéos qui documentent chaque morceau ne prennent pas le pas sur les morceaux eux-mêmes.
3/ Comment avez-vous conçu ce projet ? Comment est née l’idée de présenter l’album au format webdoc ?
Le projet est né de la volonté de Matthieu Couturier (Disque Primeur) de trouver une façon originale de documenter la re-sortie de cet album. Il a donc proposé ce projet à Arnaud Dressen (Honkytonk), qui nous a mis en contact, Matthieu, le réalisateur et moi. Je suis arrivée sur le projet un peu par hasard. Une amie réalisatrice avec qui j’avais déjà travaillé suivait le projet et savait que je m’intéressais à ce genre d’expériences et m’a donc contactée pour me proposer d’intervenir pour concevoir le graphisme de l’interface et l’intégration des vidéos. J’ai pris rdv avec Arnaud Dressen, qui m’a formé en quelques heures sur Klynt, puis j’ai rencontré les différents intervenants pour que nous nous mettions d’accord ensemble sur la mise en oeuvre du projet. Les vidéos étaient déjà presque toutes tournées, j’avais donc la possibilité de visualiser l’esthétique vidéo dans laquelle nous étions. Après quelques croquis et discussions, nous nous sommes rapidement mis d’accord sur le principe de fonctionnement du webdoc : il fallait pouvoir accéder à chaque piste en permanence, et regarder les vidéos propres à chaque piste dans un second temps. Le travail a été fait en 2 semaines et demi, par mails, avec envoi de maquettes préliminaires, pour ne pas trahir l’esthétique de l’album d’origine, tout en lui donnant un souffle nouveau. Pendant que je concevais les maquettes et l’architecture du webdoc, le réalisateur montait les vidéos de son côté et les intégrait sur Youtube pour que je puisse les intégrer à distance sur Klynt. Le fait de les intégrer via Youtube était un choix qui nous permettait de travailler à distance et de donner une meilleure visibilité au webdoc.
4/ Comment avez-vous travaillé sur le montage ?
Mon rôle a consisté essentiellement à savoir comment construire une architecture de séquences principales et de sous-séquences pour que le projet soit le plus simple et le plus clair possible. Ce qui a donné un résultat en forme de toile d’araignée: chacune des séquences principales devait être reliée aux 12 autres puis reliée à ses sous-parties… Pour clarifier la structure, je l’ai organisé sous forme de cercle, ce qui me permettait d’avoir une vision claire et de mettre en exergue les sous-parties. Même si c’est assez impressionnant à voir, ça n’était pas le plus long (entre 5h et 10h de travail), et le graphisme était aussi relativement facile à intégrer.
5/ Quelles retours avez-vous reçu de la part des lecteurs (spectateurs) ?
Je suis contente de voir que les spectateurs ne se perdent pas trop dans le webdoc, et ont une approche assez facile de son fonctionnement. Pour le moment les retours que j’ai eu son plutôt ceux de mes proches, qui trouvent ça assez original comme forme de diffusion, mais toute critique technique ou esthétique est la bienvenue !
6/ Pourquoi avoir choisi Klynt ?
Klynt est un logiciel extrêmement intuitif et simple au premier abord, ce qui le rend très agréable. Sa prise en main a été relativement simple car je connaissais déjà bien Flash, Final Cut et un peu d’After Effects. Le fait de visualiser l’architecture du webdoc est un grand plus, qu’il faudrait pouvoir réexploiter dans la navigation même du webdoc en ligne (d’autant que c’est assez chouette à voir). Je compte le réutiliser sous peu, et y intégrer d’autres médias comme du Flash par exemple, et voir un peu plus en profondeur les possibilités du logiciel.
7/ Un projet futur sur lequel vous aimeriez communiquer ?
Je compte réaliser une sorte de webdoc un peu expérimental dans les prochains mois à l’aide Klynt pour mon mémoire. Comme je parle de poésie, et en particulier de poésie numérique et que les supports sont extrêmement variés, il faut que je crée une structure qui permettent à la fois de “naviguer” dans le mémoire papier et dans les différents médias qui font la richesse de la poésie numérique actuelle. Je vous tiendrai au courant !
— propos recueillis par Damien Sueur.
Entretien avec le journaliste-photographe Jean Matthieu Gautier
1/ Comment êtes-vous arrivé au webdoc ? Qu’est-ce qui vous passionne professionnellement ?
Journaliste-photographe, je travaille principalement pour Enfants du Mékong Magazine, la publication de l’ONG du même nom. Je me sens avant tout « rapporteur de réel », et c’est pour cette raison que le webdoc, en tant que nouvel outils de création et, pour résumer, nouveau moyen de « raconter/rapporter du réel » m’a assez tôt intéressé.
Enfants du Mékong a une tradition de communication particulière, à la fois familiale, intimiste, avant-gardiste autant que faire se peut et surtout, anti-larmoyante et manichéenne. Ma mission en tant que journaliste pour le magazine édité par Enfants du Mékong est donc de rapporter des histoires vécues, de rendre compte de situations concrètes, sans jamais chercher à « faire pleurer mamie ».
2/ De quoi parle votre projet ?
Manila-Moneyla est une sorte de voyage à travers la Manille des mal-logés. La capitale des Philippines compte près de 20 millions d’habitants et attire quotidiennement des centaines de milliers de pauvres venus de toutes les provinces de l’archipel. Ils viennent s’installer à Manille pour fuir des conditions de travail moyenâgeuse ou des conditions climatiques désastreuses et meurtrières comme l’a récemment rappelé le typhon Washi, en décembre, qui a fait plus de 1 200 morts… et parce qu’ils s’imaginent que leur vie y sera meilleure – un leurre, dans la plupart des cas.
Au fil de ce voyage, l’internaute est invité à s’interroger sur les conditions de vie des habitants des bidonvilles de Manille – des bidonvilles qui peuvent prendre des formes bizarres, comme le cimetière-bidonville de Navotas, à l’ouest de la ville, ou qui sont tout simplement menacés de destruction par les autorités, avec à la clé des solutions de relogements inadaptées. Le parcours des mal-logés de Manille suit malheureusement un cycle qui n’est pas difficile à retracer : ils vont de la campagne à la rue ; de la rue au bidonville ; du bidonville à d’éventuels sites de relogement à l’extérieur de Manille… et beaucoup recommencent le cycle à partir de ce point.
Au-delà de l’aspect documentaire qui consistait à rendre compte de cette situation bien spécifique, Manila-Moneyla permet également de présenter quelques-unes des solutions mises en place par Enfants du Mékong, non pas pour enrayer ce phénomène d’exode rural, mais tout simplement pour venir en aide aux victimes de ces situations.
3/ Comment avez-vous conçu ce projet ?
Il ne m’a pas été très difficile de convaincre la direction d’Enfants du Mékong. En tant qu’ONG basée en France, s’adressant principalement à des donateurs français, mais traitant de difficultés rencontrées par des populations localisées quant à elles en Asie du Sud-Est, il nous est souvent difficile de faire comprendre certaines situations, certains aspects de la vie des gens auprès de qui nous intervenons. Par son caractère immersif et interactif, le webdocumentaire apparait comme l’un des outils les plus efficaces pour arriver à cette compréhension. J’ai commencé à m’impliquer sur ce projet en décembre 2010 en suivant un flux de production dont je ne maîtrisais pas l’intégralité des tenants et aboutissements : écriture du scénario, prise de contact avec le terrain pour organiser le tournage, en février-mars, dérushage, début du montage… puis mise en ligne, en octobre, sur le site du magazine La Vie dans un premier temps, et depuis peu sur un mini-site conçu spécialement par Enfants du Mékong.
4/ Comment avez-vous travaillé sur le montage ?
Manila-Moneyla est un projet composé à 80% de photographies, animées ou non. La première étape consistait donc à réaliser un éditing cohérent et le plus sélectif possible. Ensuite est venue la phase de montage sonore – une petite découverte pour moi… agréable mais parfois éprouvante. Puis le montage interactif sur Klynt – pour lequel j’aurais à peu près le même commentaire, à quelques nuances près.
5/ Quelles retours avez-vous reçu de la part des lecteurs (spectateurs) ?
Les retours ont été très positifs au début, avec une moyenne de près de 9 minutes de temps passé sur le site et un taux de rebond de moins de 30% - je pense que nous avons bénéficié d’un petit effet sympathie sur les réseaux sociaux et de la part de différents blogs, ainsi que quelques retombées presse, notamment sur France Info, France 24, Le Monde.fr, Le Mouv’… Ainsi qu’une très belle critique sur Le blog documentaire. Et puis les choses se sont un peu tassées. Nous verrons pour la suite.
6/ Pourquoi avoir choisi Klynt ?
C’est d’abord le hasard qui m’a fait tomber sur Klynt. Et en y regardant de près, ce logiciel semblait offrir beaucoup d’avantages, à commencer par une réduction de coût – le budget dont je disposais n’était évidemment pas mirobolant, insuffisant en tout cas pour faire appel à une chaîne de production avec monteur, monteur interactif, flasheur, graphiste, designer sonore etc., – et surtout une certaine forme de liberté. Par ailleurs, la possibilité qu’il offrait de maîtriser un projet de bout en bout via son interface me semblait assez novatrice et comme le logiciel est relativement facile à appréhender… J’ajouterais que la caution « Honkytonk » était un gage de sérieux non négligeable. Bref, je n’ai pas eu beaucoup à hésiter et de fait, à l’usage, en dehors de certains petits couacs – la version de Klynt dont je disposais pour mon montage était une béta – les quelques semaines que j’ai passées avec Klynt m’ont convaincues de réitérer l’expérience pour mes projets à venir.
7/ Un projet futur sur lequel vous aimeriez communiquer ?
Je repars dans quelques jours au Cambodge pour y tourner – toujours pour Enfants du Mékong – un projet de webdocumentaire sur la jeunesse. Et le montage se fera avec Klynt ! Le storyboard est déjà en place dans l’interface, ainsi que la plupart des séquences avec leurs liens etc. Il n’y a plus qu’à intégrer les médias…
— propos recueillis par Damien pour le HonkyLab
- Le premier webdoc de Télérama réalisé avec Klynt -
Entretien avec Henri-Pierre Fargeon, rédacteur-graphiste et responsable du projet
1/ Comment en êtes-vous arrivé au webdoc et plus généralement au multimédia ? Quelle est votre formation ?
Après des études de lettres, j’ai commencé à travailler dans l’édition littéraire. Vers la fin des années 90, je me suis intéressé à l’édition multimédia. Un peu plus tard et après avoir suivi quelques formations, j’ai été embauché à Télérama pour développer des sujets multimédia. Fin des années 90, début 2000, on n’appelait pas ça des “webdocs” mais des objets multimédia (c’était les débuts de Flash). Mon idée était d’utiliser le multimédia dans toutes ses composantes : le son, la vidéo, le texte et l’image avec une couche de graphisme et rendre un sujet acidulé comme un bonbon, en travaillant sur le fond mais aussi sur sa mise en forme.
Je me suis formé un peu tout seul et en partie grâce aux formations que proposait le journal (Première, Flash, Director, Photoshop) et puis aussi beaucoup de bidouille, le bricolage est une composante importante du multimédia.
Actuellement mon poste au sein du journal est rédacteur graphiste. Cela consiste à mettre en forme graphiquement sur le net le contenu créé avec et par la rédaction. J’ai beaucoup fait de mises en page et de maquettes pour le site. A coté de l’animation visuelle du flux de la page d’accueil, je travaille sur des sujets vidéos qui me tiennent àcœur comme la bande dessinée, ou les cultures visuelles et d’autres en équipe comme “Des mots et du Jazz”.
2/ De quoi parle votre projet ?
Le projet s’est développé d’après une idée originale de Louis Michaud, un étudiant en musicologie, ancien stagiaire à Télérama. Il avait proposé cette idée de rencontrer des musiciens du jazz pour aborder les mots-clés du vocabulaire de ce genre musical. Il a fait une sélection de mots et nous a proposé des musiciens qui sont des pointures dans leurs domaines. On est allé voir ces spécialistes avec des caméras et on les a enregistrés chez eux avec leurs instruments.
L’idée était que chacun d’entre eux décrypte de manière pédagogique un mot du jazz et l’illustre avec son instrument. C’est comme ça que l’on a rencontré des musiciens comme le pianiste Guillaume De Chassy, le batteur Rémi Vignolo ou encore Médéric Collignon qui nous explique ce qu’est le SCAT dans le Jazz à partir de l’expérience de Louis Amstrong et en faisant même une démo vocale.
L’idée au départ n’était pas d’avoir une approche multimédia mais juste d’avoir des modules vidéos autonomes que l’on publierait sur le site chaque semaine. Finalement le projet a été retardé, Louis a terminé son stage et on n’a pas eu le temps de finir le montage des vidéos. Avec le temps, on s’est dit que ce serait peut être judicieux de les rassembler et de tenter l’expérience sous une approche multimédia. A la rentrée de septembre, j’ai repris le travail dans l’idée de trouver un logiciel pour développer les modules dans une approche multimédia, c’est à ce moment là que j’ai entendu parler de Klynt.
3/ Comment avez-vous conçu ce projet ?
On est une demi douzaine à avoir graviter autour de ce projet, dont 3 ou 4 autour du travail vidéo. Jean Baptiste Roch, qui a travaillé avec nous sur les captations vidéo des musiciens et Pierrick Allain, qui a réalisé le montage des vidéos. Le projet est un peu resté en suspens parce que c’est un projet sur lequel on a travaillé en marge de nos tâches quotidiennes. En septembre, j’ai proposé de reprendre le sujet en l’adaptant au format multimédia. Étant donné que cela fait partie de la volonté du journal d’essayer et de faire de la recherche sur les nouveaux formats, je n’ai pas eu de soucis pour convaincre la rédaction. D’un point de vue éditorial, tenter des expériences, c’est aussi ce qui fait l’intérêt du format web.
4/ Comment avez-vous travaillé sur le montage ?
J’ai commencé par travailler sur une version démo du logiciel. Ce que j’ai aimé dans le montage, c’est que l’on commence par l’arborescence. Concevoir l’arborescence de ce projet n’a pas été compliquée : on a des mots, et une vidéo pour chaque mot. Ensuite, j’ai travaillé avec Béatice Kahn et Louis Michaud sur l’édition.
Autour de ces musiciens qui expliquent les mots du jazz, on a ajouté des compléments d’information telles que des petites définitions du mot sous format texte et il nous a semblé important de donner des exemples illustrés par des grands noms du jazz, de situer ce vocabulaire dans la grande histoire du jazz : c’est ce que l’on a appelé “morceaux choisis”.
Le projet, c’est à la fois les mots du jazz expliqués par des musiciens contemporains mais aussi à travers des exemples tirés de l’histoire du jazz.
Honnêtement, ça nous a pris pas mal de temps, le sujet n’avait pas été conçu dès le départ pour apparaître sous cette forme. Pour nous, c’est vraiment une première expérience.
5/ Votre projet est composé d’éléments réalisés en Flash. Pourquoi avez-vous fait ce choix ? Quelle est selon vous la plus-value de ces éléments dans le cadre de votre projet ?
Flash m’a permis de dynamiser un chouïa l’interface. L’utilisation de Flash, en l’occurrence dans ce projet, est très minimaliste, c’est juste l’interface du menu avec les mots qui se déplacent. Pour moi, c’est un compromis entre la vidéo et l’interactivité.
6/ Vous avez particulièrement bien réussi à personnaliser l’interface de votre projet. A ce sujet, auriez-vous une astuce à partager avec la communauté Klynt ?
Ce n’est pas un logiciel compliqué donc c’est assez facile de se l’approprier. Ensuite la mise en forme, c’est du graphisme. C’est la volonté de créer un contenant qui soit en adéquation avec le contenu, en l’occurence ici, l’idée était d’essayer d’être plutôt attrayant et dynamique.
Pour le graphisme, je me suis inspiré de ce qu’avait fait Pierrick Allain en terme de générique dans les vidéos. C’est lui qui avait fait le montage dans After Effects avec des traies de couleurs qui évoluent en fonction de la musique. Je voulais aussi que l’on ait un environnement graphique tout le temps du visionnage et pas juste une vidéo plein écran voilà pourquoi le cadre en couleur. C’est une petite astuce graphique pas très compliquée.
7/ Pourquoi avoir choisi Klynt ?
A vrai dire, je n’ai pas vu beaucoup de solution qui permettait de faire ce que j’avais envie de faire. J’ai vu Klynt, je l’ai testé, j’ai vu que ça me convenait. Je n’avais pas envie de partir dans une formation compliquée et longue. Klynt m’a paru adapté et simple. Je l’ai choisi pour la simplicité, même s’il y a encore pas mal de boulot pour améliorer le logiciel. Maria Gemayel chez Klynt m’a beaucoup aidé à déjouer les bugs. Merci encore à elle.
8/ Un projet futur dont vous aimeriez nous parler ?
Dans un premier temps, on va voir si ce projet plaît et s’il fonctionne bien. Sinon, je suis déjà sur un autre projet, et puis après celui-ci j’espère encore un autre. L’idée est de développer ce style de format de contenu. On aimerait travailler sur le développement des hors séries du journal qui sont faits dans une autre temporalité que le journal. On voudrait profiter de ces délais moins rapides pour développer avec eux du contenu multimédia.
— Entretien réalisé par Damien Sueur pour le Honkylab.
Bravo à l’équipe de Télérama pour “Des mots du Jazz”, leur premier webdoc réalisé avec Klynt.Découvrez le Jazz autour de 10 mots clés illustrés par des musiciens contemporains : scat, blues, shuffle, chorus…
